Qui aurait cru possible un jour de voir sur la même scène José Bové, leader altermondialiste, anti-ogm et André Beaudoin représentant de la toute puissante UPA. Et bien c’est le menu d’ouverture que nous offrira l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) pour la 12e édition des Journées québécoises de la solidarité internationale.
L’UPA qui se déguise en défenseur de la souveraineté alimentaire1 tente par tous les moyens de redorer son image auprès des petits agriculteurs et il n’est pas surprenant que même l’AQOCI soit tombé dans le panneau.
Lorsque l’on sait que les fermes sous gestion de l’offre disparaissent plus vite que dans tout les autres secteurs, que la relève est inexistante, que le prix des quotas anéantissent les chances de transfert de la ferme, que l’imposition de ce système en acériculture à fait disparaître quelques centaines d’acériculteurs dans la même année et que la gestion en vase clos de ce système s’apparente à un cartel…disons que la définition de la souveraineté en prend pour son rhume.
L’Union paysanne ne jette pas la pierre à l’AQOCI qui fait un travail sérieux et solide sur le terrain de la coopération international. Nous pensons plutôt qu’elle devrait saisir l’occasion pour questionner le faux verni de souveraineté alimentaire de l’UPA. Certains diront que ce n’est pas vraiment l’UPA qui se retrouve présente lors de cette rencontre mais plutôt l’UPA DI une filiale internationale de la maison mère.
Alors si vous voulez connaître la latitude d’André Beaudoin à l’UPA DI demandez-lui d’endosser officiellement les positions de la Via Campesina2 sur la souveraineté alimentaire.
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Qu’il reconnaisse le droit à tout agriculteur de choisir son syndicat comme inscrit dans la Charte des droits de l’Homme des Nations Unies et que seul l’UPA bafoue.
Qu’il se prononce contre les OGM et tout brevetage du vivant.
Qu’il reconnaisse aux travailleurs immigrants le droit de se syndiquer sur les fermes du Québec.
Qu’il dénonce les subventions à l’éthanol-maïs
Qu’il reconnaisse la nécessité de réduire les subventions aux grands producteurs agricoles par une réforme de la Financière agricole du Québec et de les réorientés vers les fermes vivrières.
Il existe des dizaines d’autres questions auquel André Beaudoin ne pourras pas répondre car il se doit de collaborer par son silence au système mise en place par l’UPA.
Malheureusement l’UPA et ses affiliés ont livré la classe agricole en pâture aux mécanismes du marché mondiale, aux ogm, aux pesticides et aux herbicides. Sans compter que celles qui restent son rendu esclave d’un système féodal. Maintenant que le système leur ait défavorable elle tente de se draper du discours sur la souveraineté alimentaire mais l’Union paysanne n’est pas dupe et dénoncera ses manœuvres.
C’est d’ailleurs pour toute ses raisons que l’UPA ne sera jamais membre de la Via Campesina car les paysans savent qu’il ne faut jamais confier les clefs du poulailler au renard.
-30-
Benoit Girouard
Porte parole Union paysanne
450-495-1910
Frédéric Sauriol
Secrétaire Général
450-562-0104
1- La souveraineté alimentaire est un concept développé et présenté pour la première fois par Via Campesina lors du Sommet de l'alimentation organisé par la FAO à Rome en 1996. Il a depuis été repris et précisé par les altermondialistes lors des différents Forums Sociaux Mondiaux.
La souveraineté alimentaire est présentée comme un droit international qui laisse la possibilité aux pays ou aux groupes de pays de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations sans qu'elles puissent avoir un impact négatif sur les populations d'autres pays. La souveraineté alimentaire est donc une rupture par rapport à l'organisation actuelle des marchés agricoles mise en œuvre par l'OMC.
Contrairement à la sécurité alimentaire qui ne s'intéresse qu'aux quantités d'aliments disponibles, la souveraineté alimentaire accorde en plus une importance aux conditions sociales et environnementales de production des aliments. Elle prône une répartition équitable des moyens de production entre les paysans, au moyen si nécessaire d'une réforme agraire et d'une redistribution de terres.
Au niveau local, la souveraineté alimentaire favorise le maintien d'une agriculture locale de proximité destinée en priorité à alimenter les marchés régionaux et nationaux. Les cultures vivrières et l'agriculture familiale sont favorisées. La place et le rôle des femmes sont privilégiés.
La souveraineté alimentaire privilégie des techniques agricoles qui favorisent l'autonomie des paysans. Elle est donc favorable à l'agriculture biologique et à l'agriculture paysanne. Elle refuse l'utilisation des plantes transgéniques en agriculture.
2- Vía Campesina est un mouvement international composé d’organisations paysannes de petits et moyens agriculteurs, de travailleurs agricoles, de femmes ainsi que par des communautés indigènes d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Europe. C’est un mouvement autonome, pluraliste et indépendant de tout mouvement politique, économique ou autre. Il est composé d’organisations nationales et régionales qui préservent leur autonomie. C’est en fait le plus grand regroupement d’agriculteur au monde.
Actualités
Un premier pas vers la reconnaissance des droits des paysans
En cette Journée Internationale des Luttes Paysannes, l'Union paysanne vous invite à lire et à appuyer ce qui constitue un premier pas vers la reconnaissance des droits des paysannes et des paysans du monde entier. Il s'agit de la Déclaration des Droits des Paysannes et des Paysans, adoptée par la Commission de Coordination Internationale de Via Campesina à Séoul en mars 2009.
Nous vous invitons aussi à assister au Colloque d'ouverture de la Caravane solidaire du CDHAL, auquel l'Union paysanne participera. Plus de détails sur notre calendrier.
Nouvelle génération de programmes de soutien financier à l'agriculture
Le rapport de Michel St-Pierre sur la réforme du soutien à l’agriculture est enfin disponible. L’Union paysanne est très heureuse de ce qui constitue une révolution attendu du financement agricole surtout que les petites fermes y trouveront enfin leur compte. Nous invitons tous les agriculteurs à se faire leur propre opinion en consultant le rapport du sous-ministre directement. L’analyse complète de l’Union paysanne suivra prochainement.
L’Union paysanne tient à saluer l’arrivée du nouveau ministre de
l’agriculture, monsieur Claude Béchard, tout en remerciant celui qui
quitte cette fonction, Laurent Lessard, pour ses efforts en faveur du
renouveau de l’agriculture au Québec.
Laurent Lessard a incarné à la suite d’Yvon Vallières un des tout
premiers ministres de l’agriculture indépendant face au lobby de
l’Union des Producteurs Agricoles. Évidemment, certains lui retiendront
la gestion de la listériose, mais de façon globale son bilan se veut
extrêmement positif et l’Union paysanne en a témoigné abondamment.
SOS-Pronovost demande 550 millions pour assurer la transition à l’agriculture de l’avenir
Québec, le 17 juin 2009. SOS-Pronovost, une coalition
d’organisations d’agriculteurs, d’artisans en agroalimentaire, de
consommateurs et d’environnementalistes, demande au Gouvernement
Charest de faire passer sa contribution annuelle à la Financière
agricole de 305 à 550 millions, afin de permettre aux agriculteurs de
s’adapter aux changements proposés par la Commission Pronovost sur
l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois. Ce montant
correspond à l’estimé que Michel Saint-Pierre, auteur du rapport qui
porte son nom, a lui-même fait du coût des nouveaux programmes de
soutien qu’il propose.