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La 30 : un Mont Orford en pire (si c’est possible) ! Version imprimable
Écrit par Camil Bouchard   
27-05-2008

Par les temps qui courent, il ne se passe pas une semaine sans que la
ministre de l’environnement annonce pour une troisième ou quatrième fois les
mêmes investissements ou sans que l’on soit envahi de communiqués vantant
les exploits du gouvernement Charest en matière d’environnement. On a même
vu le premier ministre s’afficher fièrement en compagnie d’Al Gore et
d’Arnold Schwarzenegger.
 
Cela fait de bien belles images mais cela ne nous fait pas oublier le
navrant dossier de l’autoroute 30 dont je vais vous parler durant les
prochaines minutes.

 

En avril dernier, j’ai demandé à plusieurs reprises à la ministre Beauchamp
de justifier ce choix fait par son gouvernement de construire l’autoroute 30
en plein milieu des plus belles terres agricoles du Québec alors qu’un autre
choix était possible : celui de transformer l’actuelle route 132, qui
traverse la zone commerciale entre Laprairie et Ste-Catherine, en autoroute,
comme l’avait commencé le Parti Québécois à l’époque.

 

Jamais, jamais durant les 20 minutes de notre débat là-dessus la ministre
a-t-elle été capable de me fournir un seul avantage que cela pouvait
représenter pour l’environnement.
 
Jamais ! Mais, cela ne me surprend pas : il n’y en a tout simplement pas. 
 
Bien au contraire, le tracé retenu par le gouvernement Charest contrevient
de plusieurs façons à la Loi du développement durable.
 
En optant pour le tracé Sud qui passe dans les terres

 
•    le gouvernement libéral se contrefout complètement de trois avis
négatifs émis par la Commission pour la protection du territoire agricole du
Québec qui  désapprouvait ce choix d’enclaver et de sacrifier plus de 550
hectares de belles terres agricoles. 
 
•    Le gouvernement Charest fait comme si comme si on avait tant de
terres agricoles de qualité qu’on ne savait plus quoi en faire.
•   
Par ailleurs, en optant pour le tracé Sud,
 
•    le gouvernement Charest  retarde d’au moins 4 ou 5 ans la mise en
service de l’autoroute 30. Si le gouvernement Charest avait choisi le tracé
Nord de la 132, l’autoroute serait maintenant en service. On roulerait sur
la 30 au lieu d’en parler. 
 
•    De fait en 2003, il ne restait que 5 kilomètres à compléter. Mais,
allez donc savoir pourquoi, le gouvernement Charest a décidé de stopper le
chantier, de le déplacer au sud pour construire 12,5 kilomètres d’autoroute
plutôt que les 5 restants !
 
En optant pour le tracé Sud,
 
•    le gouvernement Charest tire littéralement l’argent par les
fenêtres. Non seulement il choisit le tracé le plus long et leplus
dommageable pour l’environnement,  mais en plus il devra moderniser la 132
ce qui va ajouter un autre petit 100 à 125 M$ à la facture. 
 
•    Et comme si cela n’était pas assez, voilà que nous apprenons que, 5
ans après cette décision, 5 ans,  les négociations avec les ciments Lafarge
et avec la compagnie Goodfellow dont les installations se trouvent sur le
tracé ne sont toujours pas terminées. Et c’est sans compter sur les demandes
de compensation de la  nation Mohwak de Khanawake pour l’occupation de leurs
terres ancestrales par l’autoroute !
 
•    Ces négociations nous coûteront très cher, d’autant plus que le
ministère du transport a déjà construit un échangeur de 21 M$ au-dessus de
l’autoroute 15 et a déjà entamé d’autres travaux pour une valeur totale qui
frise les 50M$.  Si le gouvernement avait voulu se placer dans une position
de faiblesse dans ses négociations, il n’aurait pas fait autrement.
Imaginez :  il a amorcé des travaux pour des dizaines de millions de dollars
avant de négocier. N’importe quel négociateur l’attendrait de pied ferme,
non ?
 
Alors la question se pose : pourquoi, quelles sont les véritables raisons
qui ont poussé et poussent toujours le gouvernement Charest à choisir le
tracé Sud alors que la démonstration est faite que ce tracéà
•    coûte beaucoup plus cher
•    retarde la mise en service de la 30
•    sacrifie des centaines d’hectares de belles terres agricoles
•    sacrifie des boisés qui sont déjà rares dans la région
•    sème la discorde dans la population et avec la communauté autochtone
•    suscite l’opposition très vive de très nombreux groupes dont le
Conseil régional de l’environnement de la Montérégie
 

Depuis le temps qu’on en parle, tout le monde convient qu’il y a un besoin
pressant de terminer cette autoroute entre Valleyfield et Laprairie. 
 
Là n’est pas la question.
 
La vraie et seule question est: pourquoi M. Charest et son gouvernement
ont-ils opté pour ce tracé ?
 
On aura bien la réponse un jour ! Pour le moment nous savons que ce n’est
•    ni pour des raisons de coûts,
•    ni pour des raisons d’efficacité,
•    ni pour des raisons environnementales,
•    ni pour des raisons sociales. 
 
Ne trouvez vous pas que ce dossier rappelle celui du mont Orford !

 

Camil Bouchard


 

Pour plus d'information :

www.nourrirlequebec.org

 

 

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